
Béjaïa, réserve unique de l'aquaculture nationale
Le ministre, Smaïl Mimoune, s’est rendu hier à Béjaïa dans le cadre des journées portes ouvertes sur le secteur de la pêche et des ressources halieutiques où il a lancé, depuis la tribune de l’auditorium de l’université Abderrahmane-Mira, des appels à projets pour accompagner le développement des deux filières et les évolutions de la pêche vers un modèle innovant et durable.
Le ministre a souligné, lors de son passage dans la capitale des Hammadites, qu’un laboratoire de recherche en sciences de la mer et un musée de la mer seront concrétisés incessamment à l’université de Béjaïa, sans préciser les délais du projet en question. M. Mimoune, dans son intervention devant la communauté estudiantine, s’est félicité des résultats des études faites par les cadres de son département à propos de l’aquaculture. Celles-ci, dira-t-il, «ont relevé que les meilleurs gisements de cette nouvelle filière de la pêche qu’est l’aquaculture, sur le territoire national ne sont autres que les côtes de Béjaïa». Ces sites justement bien étudiés, disposent de toutes les commodités naturelles à ce genre d’exploitation et ceci en passant de la qualité du milieu jusqu’au mode de conservation en passant évidemment par les zones de recrutement. C’est pour cela que le ministère aurait choisi le bassin béjaoui comme repère potentiel du projet». Face à cette nouvelle dynamique qui exige beaucoup de moyens humains et matériels, le ministre a réaffirmé son souci d’une réforme mesurée qui puisse recueillir l’adhésion la plus large possible, notamment des pêcheurs et des professionnels du secteur. Lors de sa sortie à Béjaïa, le ministre de

Intitulé :
La jeunesse d'Albert
Albert, un Breton du terroir, un fils de paysan, né en 1934 (73 ans), nous raconte sa jeunesse, jusqu'à l'âge de 23 ans où il acheva son service militaire obligatoire en Petite Kabylie. En 1956 et 1957, cet homme bon et sensible participa contre son gré à la guerre dite de « pacification et de maintien de l'ordre », un épisode atroce qui cache bien son nom. Il est revenu dans sa belle province,
Il témoigne, il nous dit ce qu'il a vécu : la dure vie dans le bled, les marches forcées sur les djebels, les ratissages du terrain, les contrôles
des villages : Béni-Ourtilane, El-Maïn, Bouhamza, Freha, Djahnit, Ouled Sidi Idir, les combats, les traquenards et les atrocités perpétrées par l'un et l'autre camp. Mais aussi, cet homme pacifique, soumis aux ordres de ses supérieurs et contraint d'obéir, réprouvait dès le départ une guerre qu'il juge perdue d'avance - on ne lutte pas contre un peuple qui combat pour la liberté et aspire se libérer du joug de la colonisation, et il ne cache pas sa sympathie pour les populations kabyles victimes de la guerre. A ces « pauvres parmi les pauvres », les soldats français, qui avaient souvent faim et soif, prenaient encore leurs maigres réserves de nourriture, et augmentaient leur dénuement. Pendant qu'il « crapahutait » dans les djebels, et qu'il assistait, contre son gré, à des scènes pénibles, Albert fit la promesse de témoigner.
Quarante huit années après son retour en France, il témoigne, mais, en son âme et conscience, il ressent toujours le poids énorme de la barbarie. Combien de jeunes du contingent, victimes de la guerre d'Algérie, ont osé témoigner ? Presque pas ! Le mal reste tapi au fond de leurs mémoires, plus insidieux qu'un serpent. Certains se sont suicidés, la plupart se sont tus, renfermant à tout jamais leurs terribles souvenirs ; ils en souffriront jusqu'à la mort. A partir du récit d'Albert, j'ai écrit un livre de témoignages Il s'intitule : «
Ce livre vient d'être édité chez LIV'EDITIONS, au Faouët. (56320) BP 15. Site du livre :
http://60gp.ovh.net/~livediti/index.php?b=livre_fiche&id=247&PHPSESSID=7ce816ce120bdae70eb81102f5d7a6a6
Cordialement
Marcel Gozzi

Du 10 au 13 décembre
2006 à Béjaïa
La ville de Béjaïa accueillera du 10 au 13 décembre la 3e édition du colloque international sur le «soufisme, musique et culture». Une quarantaine de scientifiques, en provenance du Maghreb, d’Asie, d’Europe et d’Amérique participeront à cette manifestation dont la première édition, rappelle-t-on, a eu lieu à Mostaganem et la deuxième édition, à Tlemcen. «C’est une manifestation itinérante qui a lieu à chaque fois dans une ville différente», affirme M. Slimane Hachi, directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH).
Le but de cette manifestation organisée par le CNRPAH sous l’égide du ministère de la Culture est de traiter scientifiquement un phénomène culturel. «Le soufisme est un phénomène culturel que proposent de traiter des chercheurs et spécialistes iraniens, américains, bulgares, allemands, tunisiens, marocains… C’est également un phénomène central de l’islam, dans la région du Maghreb d’une façon particulière, qui structure notre rapport avec Dieu. Il est ancré dans notre quotidien et est tellement profond qu’il interpelle chaque scientifique. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous avons décidé d’organiser un colloque sur le soufisme chaque année en faisant appel à la science mondiale», ajoute M. Hachi.
Les organisateurs n’ont pas choisi la ville de Béjaïa pour abriter ce colloque d’une façon fortuite. «Nous avons opté pour Béjaïa pour plusieurs raisons. D’abord, c’était, dans le passé et j’espère qu’elle l’est toujours, une cité de science et de culture», dira le directeur du CNRPAH. Ensuite, poursuit-il, c’est la cité dans laquelle a vécu et professé le saint Sidi Boumediene. «Car il faut savoir que Sidi Boumediene est enterré à Tlemcen mais a vécu à Béjaïa. Il est mort en route alors qu’il se dirigeait vers Fès», ajoute M. Hachi. Enfin, le colloque sera organisé à Béjaïa parce que c’est la cité préférée et gardée par la sainte Yemma Gouraya et qu’elle abrite la vallée de la Soummam où a résidé cheikh Ahadad qui a combattu aux côtés de cheikh El Mokrani dans la bataille de 1871. «Bref, en organisant ce colloque à Béjaïa, on rend hommage à la culture, à la science de cette cité et aux saints et saintes qui y ont habité», conclut M. Hachi.

«La plate-forme de
a été d’un apport décisif»
Selon le chef de l’Etat, elle a imprimé un nouveau style à la Révolution algérienne.
Le président de la République a rendu hommage aux initiateurs du Congrès de la Soummam. Dans un message lu, hier, à Ifri par le ministre des Moudjahidine, le chef de l’Etat, a affirmé que, «si la Nation algérienne tout entière doit être reconnaissante aux héros initiateurs de la Révolution de novembre, elle doit aussi être reconnaissante aux concepteurs de la plate-forme de la Soummam qui ont su traduire en mesures concrètes, les principes de la déclaration de Novembre 1954, générant des synergies qui ont brisé le mur de la terreur coloniale et ouvert la voie à notre entreprise de construction nationale.» Si la proclamation du 1er Novembre 1954 avait défini, selon les propos du président, les contours de l’Etat algérien «souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques» avec concision et lucidité, il est clair que «la plate-forme de la Soummam conceptualise et met en oeuvre les structures de l’Etat algérien, son découpage territorial, son administration, son armée, sa diplomatie, sur la base de la Nation algérienne ´´une et indivisible´´, souligne Bouteflika dans son message». Pour le chef de l’Etat, «l’apport peut-être le plus décisif de la plate-forme de la Soummam réside dans le style qu’il imprime à la Révolution algérienne, un style empreint de discipline et d’esprit d’initiative, un style fait de dureté assumée face à l’ennemi sur le plan stratégique, à laquelle se mêle une grande souplesse tactique. C’est le style d’une Nation qui sait qu’elle a payé le prix du sang et de la mort pour renaître au monde comme sujet historique et qui entend en jouir dans la paix». Evoquant la polémique autour de la suprématie du politique sur le militaire et l’intérieur sur l’extérieur, le président de la République soutient: «Dans leur généralité, ces deux principes sont à l’œuvre dès le 1er novembre 1954 et serviront de références pendant toute la durée de la guerre d’Indépendance. Mais ces principes de bon sens ne peuvent être considérés comme des dogmes quasi religieux, ils doivent, nécessairement, s’adapter aux circonstances de la lutte de libération et également à la stratégie de l’ennemi». Revenant au message du 20 août 1956, le chef de l’Etat exprime sa conviction quant à la nécessité d’inscrire «les efforts de notre Nation pour préserver son indépendance et assurer sa prospérité dans une compréhension correcte du contexte international dans lequel nous évoluons. Nous ne sommes plus au temps du colonialisme, celui de l’Occident unique détenteur des techno-sciences et dominant le reste de la planète économiquement, politiquement et intellectuellement. Nous vivons à l’heure de la mondialisation des techno-sciences et de la communication par essaimage et capture, et aussi, sur la base de cette nouvelle infrastructure, celle de la repolarisation du monde autour d’anciennes civilisations renaissantes ou de l’émergence de nouvelles civilisations».
Mourad SID-ALI ( 21 août 2006 –In l’expression)
CINQUANTENAIRE DU 20 AOÛT 1956
Le silence gêné de la classe politique

Déferlement de milliers d’Algériens à Ifri
Ils ont omis d’en tirer les enseignements pour le présent et pour les générations à venir. C’est le révisionnisme en marche.
Dans un bel ensemble, il y a comme un silence gêné de la classe politique vis à vis de la plate-forme de la Soummam, document fondateur majeur de la Révolution algérienne. Après le déclenchement de la lutte de Libération, les membres dirigeants, notamment le groupe des six (Didouche, Ben Boulaïd, Bitat, Ben M’hidi, Krim, Boudiaf) qui avaient promis de se retrouver dans des délais raisonnables, pour faire le point et donner un nouveau souffle à la Révolution, en ont été empêchés par la férocité de la répression coloniale. L’Armée de libération nationale et le FLN s’étaient renforcés en recrutant de nouveaux éléments, dans toutes les couches de la population et dans toutes les régions du pays, mais les liaisons étaient difficiles. Les représentants du FLN dépêché à l’étranger étaient à la recherche d’armes et de munitions, pas toujours avec bonheur, malgré leurs efforts et les promesses des pays amis. Libéré de prison en 1955, où il était interné depuis cinq ans, Abane Ramdane, qui avait eu le temps dans sa cellule de théoriser la Révolution, a pris sur lui d’inviter les différents dirigeants à une rencontre en un point situé au centre du pays, donc accessible à toutes les régions, d’autant plus qu’Amirouche, connu pour son efficacité, avait promis de garantir la sécurité des congressistes. Ce fut surtout la rencontre de Abane avec Larbi Ben M’hidi, commandant des maquis de l’Oranie, qui permit de débloquer la situation et de conférer aux assises ce caractère spécial d’acte fondateur. Les deux hommes, qui furent véritablement la cheville ouvrière des assises, ont été lâchement éliminés, l’un dans les geôles de Bigeard sous la torture, et l’autre attiré dans un traquenard au Maroc. Mais enfin, cinquante ans après, peut-on faire l’impasse sur un événement majeur de la Révolution? Le seul qui a tracé une stratégie de lutte, a mis en place les structures et l’organisation, a défini les priorités pour le lendemain de l’indépendance, non seulement en optant pour la démocratie sociale, mais en faisant en sorte que la lutte de Libération ne soit pas seulement une question de balles échangées avec l’ennemi ou d’égorgement des harkis, mais avait donné une base idéologique et doctrinale à la Révolution, preuve que l’Algérie en lutte avait aussi des élites en mesure de concevoir une société moderne, ancrée dans ses traditions, mais surtout respectueuse des libertés individuelles. Au lendemain du premier novembre 1954, il y eut malheureusement quelques attaques contre les commerçants juifs, qui risquaient de s’étendre aux commerçants mozabites, n’eût été la sagesse de Abane qui mit un terme à une telle dérive. Pour mieux intégrer les citoyens mozabites dans la Révolution, il a invité le grand poète Moufdi Zakaria à composer les paroles de l’hymne national Kassaman. De telles initiatives ont permis à la Révolution de arder sa pureté, sa hauteur de vue, ainsi que la noblesse de ses principes. Un événement comme le cinquantenaire du Congrès de la Soummam se devait d’être célébré, commémoré, analysé sous toutes ses coutures par le personnel de la classe politique, en vue d’en tirer les enseignements pour le présent et pour les générations à venir. Or il n’en est rien. La célébration est passée à la trappe. La chose est tellement aberrante qu’il est loisible de discerner, à travers un tel mutisme, une réelle volonté de réécrire l’histoire. On sait tous que l’écriture de l’histoire est du ressort des historiens, mais le silence sidéral du personnel politique en dit long sur la tendance lourde qui se dégage à travers un tel comportement, et qui n’est autre que celle du révisionnisme. En revanche, ce qui peut mettre du baume au coeur, c’est de constater la ferveur populaire et la mobilisation de la société civile pour ne pas laisser aux partis et aux officiels le soin de détourner voire de récupérer une page fondatrice de la Révolution algérienne. Parce que c’est un fait que la bouderie des personnels politiques ne passera pas inaperçue. Et surtout pas pour un cinquantenaire. Beaucoup de gens avaient été outrés par les écrits tendancieux d’il y a quelques années, et qui visaient à jeter le doute sur les intentions de Abane, surtout que ces écrits se basaient sur les déclarations supposées de militants tombés au champ d’honneur, en étant sûrs de ne pas être démentis, mais ce qui se passe aujourd’hui est encore plus grave. Cela donne à penser que les écrits tendancieux sont dans le vrai, et donc que le Congrès de la Soummam ne mérite pas de figurer en bonne place dans les manuels scolaires et les documents officiels, pas plus que d’être célébré à sa juste mesure. On peut enfin se demander à qui profite cette occultation...Mais là, c’est une autre paire de manches.
Tarik RAMZI (21 août 2006 in/ l’expression)

Yemma Gouraya aurait bel et bien existé
La mise en évidence de l’existence d’une kouba où repose probablement yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’Histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs ouvrages inconnus chez nous.
Avec les découvertes récentes de M. Malek Aït Hamouda, architecte de l’Ecole supérieure nationale d’architecture de Paris,
Aujourd’hui, la superposition entre la place forte militaire et le spirituel—les pèlerinages remontent probablement à bien longtemps—est essentielle pour la bonne compréhension d’une légende qui a cessé d’en être une, dès lors qu’elle a fait une entrée fracassante dans l’histoire. M. Aït Hamouda, qui nous a réservé l’exclusivité de sa découverte,prépare une exposition-annonce de l’événement avec présentation de toutes ses preuves scientifiques pour septembre. Il nous promet d’autres surprises encore. Les mythes finissent toujours par épouser, d’une façon ou d’une autre, l’histoire, expurgée des approximations de pseudo-historiens aux vérités qui ne résistent guère aux analyses sérieuses. La balle, désormais, est dans le camp des historiens, les vrais...
M.R


















Youcef Abdjaui
Kaci Abdjaui




