
(Sise Rue du Vieillard)
L'approvisionnement en eau de BOUGIE s’effectuait grâce aux sources du Gouraya et des Aiguades ; cette dernière, située dans le ravin des Singes nécessitait une station de pompage pour amener l'eau jusqu’à la ville. Vite insuffisantes pour le nombre accru de la population, on a pensé en 1896 remettre en état l’ aqueduc de TOUDJA, aqueduc construit par les Romains au IIè siècle après J.C ; nous en avions une trace à Bougie avec le cippe de Lambèse (*).
La stèle située sur la placette en face de la mairie, est une partie d'un monument de forme hexagonale racontant l’histoire du tracé de cet aqueduc (*) menant l’eau de TOUDJA à BOUGIE ; stèle découverte à Lambèse en 1866 puis ramenée à BOUGIE .
Cette inscription donne une partie du texte d’une lettre adressée par le gouverneur de la ville, Varius Clemens, au gouverneur de la Mauritanie césarienne sous le régne d’ Adrien (117 à 138), ainsi conçue :
“ Au nom d’une cité splendide et de ses habitants, je te prie Seigneur, d’engager le niveleur "Nonius Datus", vétéran de le 3e légion Augusta, à venir à Saldae afin d’y terminer son œuvre “
Une autre partie de l’inscription donne le rapport après son achèvement des travaux, dans les termes suivants :
“ Je suis parti, en route j’ai été assailli par des brigands. Je me suis échappé, nu et blessé, j’ ai pu arriver à SALDAE avec les mien . J’ai vu le gouverneur VARIUS CLEMENS. Il m’a conduit à la montagne où l’on se désolait sur I’incertitude du creusement d’un tunnel qu’on voulait abandonner parce qu’on avait déjà ouvert plus de longueur que n’en comportait lépaisseur de la montagne. Il m’apparut qu’on avait abandonné la ligne droite dans l’attaque du côté amon ; on s’était porté à droite vers le midi et dans l’attaque aval, également à droite vers le Nord. Les deux sections n’étant pas sur la même ligne ne se rejoignaient pas. Cependant, la ligne droite avait été piquetée sur la montagne, d’Orient en Occident. Pour que le lecteur ne fasse pas d’erreur au sujet de la galerie souterraine, j’appelle amont la partie qui reçoit l’eau et aval celle qui l’émet. Lorsque j’eus rectifié le travail, sachant comment chacun avait procédé dans son attaque, j’ai mis en émulation des hommes de la flotte et des hommes de louage et ils sont parvenus à opérer le percement et moi, le premier qui avait fait le nivellement, indiqué le tracé et prescrit ce qu’il fallait faire suivant les plans remis à PETRONIUS CELER, j’ai ainsi achevé l’œuvre. Après l’arrivée de l’eau, VARIUS CLEMENS en a fait l’inauguration “

"L'ancienne source d’Aghbalou (Toudja)"
(*) Lambèse, Tazoult de nos jours, wilaya de Batna, au Nord de l’ Aurès (lieu d’importantes ruines romaines)(*) longueur du tunnel 560 ml . La conduite alimenta Bougie à partir de l’An 152. (*) Lambèse, Tazoult de nos jours, wilaya de Batna, au Nord de l’ Aurès (lieu d’importantes ruines romaines)(*) longueur du tunnel 560 ml . La conduite alimenta Bougie à partir de l’An 152. (*) Lambèse, Tazoult de nos jours, wilaya de Batna, au Nord de l’ Aurès (lieu d’importantes ruines romaines)(*) longueur du tunnel 560 ml . La conduite alimenta Bougie à partir de l’An 152. (*) Lambèse, Tazoult de nos jours, wilaya de Batna, au Nord de l’ Aurès (lieu d’importantes ruines romaines)(*) longueur du tunnel 560 ml . La conduite alimenta Bougie à partir de l’An 152.
Depuis d’autres sources ont été captées dans la région.
(*) Lambèse, Tazoult de nos jours, wilaya de Batna, au Nord de l’ Aurès (lieu d’importantes ruines romaines)
(*) longueur du tunnel 560 ml . La conduite alimenta Bougie à partir de l’An 152.
rapporté par Arlette JAMBERT
Sources: Archives Mairie de Bougie
Bougie, la perle de l’ Afrique du Nord par L.S. de HALSBOURG
Histoires de Bougie par Y. COMOLLI

Tel que nos anciens ont pu le voir a la place de Gueydon
Le Zéphyr. Cette imposante statue en bronze est l’œuvre du sculpteur et médailleur français Eugène Marioton (1854 - 1933) (1). Réalisée en 1894 (2), elle intervient juste après le magnifique bronze «Zéphyr and Psyché» (1893), dont l'original avait été acquis par le Royal Ontarion Muséum.
Chez les anciens, le Zéphyr représente le Vent d'Ouest. Il s'agit donc de la personnification mythologique de ce vent (3).
Dans son célèbre ouvrage «Bougie, die perle NordAfrikas», Louis Salvator de Habsbourg, Archiduc d'Autriche, donne une explication rationnelle de l'acquisition de cette superbe sculpture par la Mairie de Béjaïa à la fin du XIX-ème siècle. En effet, « Bougie est protégée des violents vents du Nord par la montagne du Gouraya et le Cap Carbon.
Alors qu 'au large du Cap Carbon, le vent souffle avec violence et que la mer est agitée, il règne à Bougie un calme relatif et le mistral souffle en douceur». Or dans le langage courant, le Zéphyr symbolise «tout vent doux et agréable». C'est pourquoi l’ Archiduc peut affirmer en 1899 que " c'est à juste titre que le Maire actuel a fait ériger la statue du Zéphyr sur la place ". De fait, cette œuvre plus que centenaire (4), avait été initialement érigée sur la place Gueydon (actuellement Place du 1er Novembre 1954). Ce n'est que plus tard qu' elle sera transférée au Square Pasteur (5).
Elève de Dumont, Bonnassieux et Thomas, Eugène Marioton fit des envois au Salon de Paris de 1882 à 1922.
1-Sur les autres œuvres de E. Marioton, voir par exemple le célèbre bronze Mounted Cavalier de l'ARC (Art Renewal Center - ou bien Young-Man with a whip and Lion on base
2-Elle porte sur le socle, l'inscription « Eug. Marioton Se. C. z. 1894 ».
3-Des éléments historiques sur le Zéphyr peuvent être consultés sur Internet.
4-En France, une loi de 1981 définit l'originalité d'un bronze par son tirage. Son décret d'application limite les tirages à 8 (+ 4 épreuves d'artiste numérotées de 1 à 4, portant les initiales EA).
5-L'excellent entretien du square par le service « espaces verts » de l'A.P.C. permet à ce bronze de bénéficier d'un environnement agréable.
Paru dans l' Echo de Bougie 2002


LE DÉSASTRE DE LA NEIGE
(22 et 23 février 1852)
En février 1852, une colonne commandée par le Général BOSQUET fut victime à proximité de BOUGIE, d'une catastrophe provoquée par une violente tempête de neige.
Après avoir participé à des opérations en KABYLIE contre "l'agitateur" BOUGARGHLA (...), la colonie du Général BOSQUET bivouaqua le 4 février dans la région de TAOURIRT IGHIL. Elle fut alors employée, sous la conduite du Capitaine du Génie FAIDHERBE, à la construction d'une route stratégique reliant BOUGIE à KSAR KEBOUCHE (...).
Le futur Commandant de l'Armée du Nord aurait même contracté lors du «désastre de la neige» des rhumatismes dont il souffrit toute sa vie. Tombé d'épuisement après vingt heures de marche, il aurait péri sans le dévouement d'un soldat nommé Minot, qui le releva et l'aida à marcher.
Les travaux de construction de la route commencèrent dès le 4 février par beau temps. «La température était celle du printemps, écrivait le Général BOSQUET ; on avait cueilli des violettes toute la journée. Le 20, la nuit était chaude lorsque vers une heure du matin, il tomba de la neige sans froid ni vent».
Le lendemain, la tempête se déchaîna. Le convoi de vivres attendu de BOUGIE ne put gagner le bivouac. Le Général BOSQUET donna l'ordre de lever le camp le 22 au matin. C'est alors que le désastre se produisit, un ouragan épouvantable, mêlé de neige, de grêle, eut lieu sans qu'il fut possible aux hommes de sortir des tentes. Pendant la nuit celles-ci tombèrent écrasées sous la neige. La débandade a été complète et les soldats ne reconnaissaient plus personne. La colonne ne trouvant pas l'avant-garde à TORCHA continua sa route et s'égara. Tout le monde s'accorde à reconnaître que l'Artillerie a fait tout ce qui était humainement possible de faire. La population civile de Bougie fit preuve aussi d'un élan généreux que personne n'a oublié. Parmi les rescapés, 300 hommes présentaient des signes de congélation plus ou moins graves ; un nombre à peu près égal était resté sous la neige ou dans les eaux des torrents.

Photo transmise par M. Aïssani de Bougie
Les victimes du désastre, écrivit FERRAUD, furent ensevelies à l'ombre d'un grand caroubier, au pied du mamelon de TAOURIT EL ARBA, sur la rive gauche de la Soummam. Une plate-forme recouvre leurs cendres, que surmonte une croix en pierre sur laquelle est gravée cette simple date néfaste : «22 et 23 février1852».
Située à une vingtaine de kilomètres de BOUGIE, «Le Tombeau de la Neige» est placé au flanc d'un coteau, sur la route d'ALGER à la frontière tunisienne, on y accède par un haut escalier de pierres ; il comprend une vaste plate-forme surmontée d'un monument qui fut érigé par le Souvenir Français et qui porte ['inscription suivante : (1904) «A la mémoire des victimes de la tourmente de neige qui a surpris au camp de Touari Ighil la colonne expéditionnaire commandée par le Général Bosquet - Journées du 20 au 23 février 1852. Souvenir Français».
Yvan COMOLLI
Paru dans l'Echo de Bougie de 2000
Extrait de "Mémoires de Bougie"
par Yvan Comolli

Nombre de colons alsaciens-lorrains se sont également fixés à partir des années 1872 dans la vallée de la Soummam, située entre la Petite et la Grande Kabylie et qui doit son nom au cours inférieur de l'oued Sahel. Cette petite rivière temporaire et souvent desséchée charrie d'immenses masses d'eau et de boue lors des crues, inondant les basses terres et y laissant d'énormes et de multiples terrains marécageux, autant de nids à moustiques et de... paludisme. De plus, en été, le Sirocco, ce vent chaud et sec du Sahara, balaie toute la vallée. C'est pourquoi des centaines de colons ne sont pas restés, alors que d'autres ont préféré s'installer sur les hauteurs, a l' abri des inondations et des fièvres *.
Lorsque les premiers immigrants sont arrivés dans cette région, située au sud-ouest de Bejaïa (ex-Bougie), ils ont rencontré des tribus nomades et des terres fertiles, mais recouvertes de hautes broussailles qu'il fallait défricher avec un matériel sommaire au prix de nombreuses difficultés et sous un soleil de plomb.
Pourtant, les pionniers, asséchant les terres insalubres et plantant des frênes et des eucalyptus, ont progressivement transformé la vallée où le blé a commencé à pousser.
A une quinzaine de kilomètres de Bougie a été créé en 1872, sur une hauteur, le village de La Réunion où, sur les 28 familles européennes, dont 27 venant d'Alsace-Lorraine, seules sept sont restées, ainsi qu'une famille algérienne sur les15 arrivées en même temps. En ce qui concerne les colons des trois départements perdus, débarqués près de Bougie, « ils sont venus dès le mois de mai, c'est-à-dire à l'époque où commencent les chaleurs. Tous ont été plus ou moins éprouvés par le climat.
*. Plusieurs enfants ont succombé et quelques familles effrayées ont quitté cette localité pour se diriger sur d' autres points de l' Algérie.
Les causes supposées « de certaines maladies étant l'eau que boivent les habitants », l'autorité militaire a fait arracher des racines vénéneuses proches du ruisseau d'alimentation. A La Réunion et dans les futurs villages de El Kseur
(Bitche) et de Oued-Amizour (Colmar), l'armée avait fait construire des gourbis en pierres et en terre, comme premiers abris. Les vivres étaient fournies et les colons percevaient des vêtements militaires réformés. En octobre, avec la fin des chaleurs, la situation s'était améliorée..
(Paru dans l' Echo de Bougie 2002, Rapporté par Mme Rey )
Le premier mariage:

QUELQUES ANEDOCTES
Il fut célébré le 11 mai 1834 entre Pierre FREMONT et Marianne VASSAL par devant le Commissaire du Roi. Plus de 650 mariages ont été célébré à Bougie entre 1834 et 1886 L' évolution de la population :
• en 1868 on recensait : 785 français, 300 israélites, 1216 musulmans et 519 étrangers.
• en 1877 on recensait : 3700 français, 390 israélites, 16684 musulmans et 800 étrangers.
• en 1888 on recensait : 4679 français, 514 israélites, 28458 musulmans et 1233 étrangers.
(renseignements tirés des Annuaires édités par le Gouvernement Général de l' Algérie)
Des dossiers complets peuvent être compulsés au Centre des Archives d' Outre-Mer à Aix-en-Provence :
- CAOM - 29 chemin du Moulin Testas 13000 Aix-en-Provence
1ére parution dans l'Avenir de Bougie de 1997


















Youcef Abdjaui
Kaci Abdjaui



