APERÇU HISTORIQUE DE "V'GAYETH"
ou BEJAIA LA BERBERE
LA PÉRIODE PRÉHISTORIQUE
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Située au cœur de l'espace méditerranéen, Bejaia, (Bougie, Bougaia, Buggea), ville d'Algérie qui donna son nom aux petites chandelles (les Bougies) et à partir de laquelle les chiffres arabes ont été popularisés en Europe, renferme de nombreux sites naturels et vestiges historiques, qui témoignent encore aujourd'hui des fastes de sa longue histoire. Son tissu urbain est caractérisé par une continuité ininterrompue d'occupation depuis l'antiquité.
* PERIODE PREHISTORIQUE *
En effet, l'occupation préhistorique de la région de Bejaia est remarquable par les nombreux sites et gisements Ibéromaurusiens (de - 200.000 à - 10.000 ans) que l'on rencontre, notamment dans les Babors septentrionaux. Sous forme de semis d'industries de plein air ou d'habitats d'abris sous roche, ces gisements ont livré de nombreux restes humains se rapportant à la première nappe d'Homo sapiens d'Afrique du Nord, l'Homme de Mechta-Afalou, des industries, des structures d'habitats et surtout, des manifestations artistiques. Ainsi, la découverte d'objets d'art figuratif (notamment les figurines zoomorphes en terre cuite dans l'abri sous roche d'Afalou – près de Souk-El-Ténine), pose la double question des origines de l'art et de la céramique en Afrique du Nord.
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* PERIODE PUNIQUE *
La position géographique privilégiée de la région se prêtait à l'installation d'un comptoir phénicien ou punique. De fait, un habitat phénicien serait attesté par une sépulture dont la chronologie demeure cependant à contrôler. Un culte à saturne, fortement marqué par la tradition autochtone y est connu.
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L'OCCUPATION ROMAINE :
Octave Auguste
* PERIODE ROMAINE *
C'est en 27 - 26 avant J.C que le romain Octave y fonda la colonia Julia Augusta Saldensium Septimana Immunis, pour les vétérans de la legio VII Augusta. Au moment de la constitution de la colonie, cette région n'aurait pas encore appartenue à l'empire, mais elle se serait trouvée à la frontière du royaume de Juba II. Ce n'est qu'en 42 après J.C que fut créée la province de Mauritanie Césarienne. A la suite de la réforme de Dioclétien, le territoire de la ville devint partie intégrante de
La ville s'équipa de nombreux ouvrages d'utilité publique. Le ravitaillement en eau de la ville était assuré par un aqueduc qui captait la source de Toudja, sur le flanc du massif de Tadart Aghbalou, à
à l'Ouest de Saldae. Une célèbre inscription de Lambèse nous renseigne sur les péripéties liées au creusement du canal pour le passage de l'aqueduc. Selon les thèses traditionnelles, l'aqueduc aurait constitué un exemple d'ouvrage de génie civil, réalisé par la main d'œuvre militaire.
D'après les nouvelles conclusions de J.P la porte (1994), la première intervention, vers 137, se serait limitée à une étude de faisabilité. Les travaux auraient duré de 4 à 6 ans et le rôle de l'armée se serait cantonné à la mise à disposition du chantier d'un technicien de haut niveau (un géomètre spécialisé), en la personne de Nonius Datus.
Le territoire de
Les amphores et débris avec les marques des officines retrouvés en Italie (Rome, Ostie, Préneste et Alba Fucens), en Maurétanie Tinginitaine (Basana, Thamusida, Sala et Volubilis), ainsi qu'au lointain pays des Kouch (Méroé en Nubie), nous renseignent sur l'importance de l'activité économique et commerciale de Tubusuptu sous le haut empire. En particulier, cette cité sera représentée au concile chrétien de Carthage en l'an 411 après J.C. (c'est-à-dire, bien avant la ville de Saldae).
* PERIODE VANDALE ET BYZANTINE *
"Lempire byzantin"
Les sources bibliographiques et épigraphiques sont muettes sur ce qui est advenu de Saldae au moment et après l'invasion vandale. Il en est de même de la conquête Byzantine et de l'arrivée des musulmans.
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LA PÉRIODE MÉDIÉVALE : 
Détail du mausolée gothique (Hammadite, Almohade, Hafside) Vers le milieu du XI-ème siècle, la carte politique du Maghreb est bouleversée. Le royaume berbère des Hammadites, en conflit avec les Almoravides à l'Ouest et avec les Zirides a l'Est, transfert sa capitale de
En 1136, elle repoussa une expédition de la flotte gênoise, mais fût prise par les almohades en 1152. Elle redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous les Hafsides (XIII-ème - XV-ème siècle). Cette période médiévale représente l'âge d'or de la ville, notamment grâce à l'impulsion du prince Hammadite al-Nasir. Tour à tour capitale d'un état indépendant, puis chef lieu de province d'un empire, la configuration de la population (qui selon le voyageur léon l'africain s'éleva à plusieurs dizaines de milliers d'habitants) était très significative. Cette population était constituée en majorité de Kabyles et d'andalous. Il y avait aussi une importante communauté espagnole (al-Jama`a al-Andalusiya) cohérente et dirigée par un Cheikh. Enfin il y avait un fort groupement de juifs, ainsi qu'une colonie chrétienne. La présence de cette dernière est attestée par la fameuse lettre du pape Grégoire VII au souverain Al-Nasir en 1076. Selon Mas latrie qui a publié ce document d'archive, « jamais pontife romain n'a aussi affectueusement marqué sa sympathie à un prince musulman ». Par la suite, les relations officielles et commerciales avec les républiques chrétiennes de Gênes, Pise, Venise, Marseille, Catalogne et enfin Majorque sont caractérisées par la signature de traités de commerce, de paix, traités sur les biens des naufragés,.... L'importance de ce commerce est illustrée par la présence dans la ville de Founduks et des consulats de ces républiques chrétiennes : Achat de marchandises maghrébines et Sahariennes, de produit de l'artisanat local, notamment les « petites chandelles » de Bougie. En effet, selon le géographe al-Idrissi: « Les marchands de cette ville sont en relation avec ceux de l'Afrique occidentale ainsi qu'avec ceux du Sahara et de l'Orient ». « Les vaisseaux qui naviguent vers elle » passaient par l'arceau de Bâb al-Bahr (la porte de la mer) et faisaient réparer leurs avaries sur les chantiers de Dar es Senaa. Le rôle joué par Bougie dans la transmission du savoir au Moyen âge est confirmé par les séjours plus ou moins longs de personnalités scientifiques et littéraires prestigieuses, versées dans tous les domaines de la connaissance : le métaphysicien andalou Ibn Arabi, le mathématicien italien leonardo Fibonacci, le philosophe catalan Raymond Lulle, l'historien « Tunisien » Ibn Khaldun, le Poète sicilien Ibn Hamdis,....Il en est de même pour les personnalités religieuses (Sidi-Bou-Medienne, Sidi Bou Sa`id, ath-Tha`aliby,..) et les voyageurs (al-Idrissi, Ibn Battuta, Léon l'Africain,......). Rappelons enfin que le Mahdi Almohade Ibn Tumert y déploya son activité réformatrice, notamment par sa prédication en langue berbère. C'est à Mellala, un petit village près de la ville qu'il rencontra le célèbre Abd al-Moumen (qui lui succédera à la tête de l'empire almohade) et lui enseigna sa doctrine unitaire. - * L'OCCUPATION ESPAGNOLE * Le milieu du XIV-ème siècle, fût marqué par la recrudescence de la (course ». Selon Ibn Khaldoun, les Bougiotes ne tardèrent pas à se signaler parmi les corsaires les plus redoutés des marins chrétiens. Voulant établir des comptoirs de type colonial sur la côte algérienne, l'Espagne envoya Pedro Navaro pour s'emparer de la place en 1510. Les fortifications seront renforcées, mais la ville est saccagée et en particulier les palais Hammadites, qui subsistaient encore, seront détruits. Attaqués en 1513 par Aroudj, les Espagnols résistèrent et se maintiennent dans la place jusqu'en 1555. Continuellement bloquée par les autochtones, la garnison espagnole ne peut résister longtemps, malgré la visite de l'empereur Charles Quint en 1541. C'est Salah Rais qui mettra le siège à la ville et obligera le gouverneur espagnol Don Alphonso de Peralta à capituler. - * PRESENCE TURQUE * Avec les Turcs, Béjaia perdit son statut de capitale, même si elle continua encore à jouer son rôle de chantier de construction navale. Le relais est alors reprit par la province. Toutes les sources indiquent qu'à partir du XVI-ème siècle
La destruction de Béjaia par les espagnols avait contraint de nombreux Ulémas de cette ville à « émigrer » vers la province. C'est ainsi que certains centres d'enseignement vont devenir de véritables instituts (Tamokra,…..). Cette réputation va d'ailleurs dépasser le cadre de
se spécialiser dans les sciences des lectures coraniques. Parmi les plus prestigieuses écoles de la région, citons
- * L'OCCUPATION FRANÇAISE * L'occupation française de la ville commença en 1833. Béjaia et sa région opposèrent une résistance farouche et plusieurs événements historiques prouvent qu'elles ne cessèrent jamais d'être un foyer d'insurrection. Ainsi, Féraud, interprète de l'armée française, nous raconte les exploits d'une véritable figure de légende, l'insaisissable Bou-Baghla. Il en est de même de ce témoignage inédit sur cette période de la « pacification » de
En 1871, la nouvelle des désastres de
Dès le début du XX-ème siècle, Béjaia et sa région jouèrent un rôle non négligeable dans l'éveil des consciences et la structuration du mouvement national. En Mail 1945, au moment ou les alliés célèbrent la libération (suite à la terrible deuxième guerre mondiale), l'axe Béjaia – Kherrata – Sétif – Guelma s'embrase.
Deux années après le déclenchement de la lutte armée, il y eu à Ifri (près d'Ighzer Amokrane) le fameux congrès de
de François de la Sarra (mort en 1361),
érigé durant la seconde moitié
du XIVe sièc





















Youcef Abdjaui
Kaci Abdjaui






